Le manque de confiance en peinture est probablement l’une des difficultés dont on me parle le plus souvent. Plus j’enseigne et plus j’observe les artistes autour de moi, plus je réalise que la peur de mal faire paralyse beaucoup de gens. Pourtant, c’est censé être une joie de peindre! On fait ça pour relaxer non? Alors d’où vient ce problème de manque de confiance?
Dans cet article (avec vidéo), je vais partir en quête d’explications et vous présenter les pistes que j’enseigne à mes étudiantes depuis 2017. Car avec le temps, j’ai compris que le manque de confiance est normal, et surtout qu’il ne doit pas nous empêcher d’avancer.
Bienvenue sur mon blog. Peindre seule peut parfois décourager. Et si vous avez parfois du mal à choisir les bonnes couleurs, c’est frustrant.
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Vidéo: cas particulier + peinture en direct
La vidéo et l’article ci-dessous se complètent super bien! La vidéo propose de se pencher sur un cas fréquent de manque de confiance en peinture, et l’article donne trois pistes pour construire votre confiance.
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Pourquoi la confiance en peinture est si fragile?
Tout le monde ne manque pas de confiance de la même façon
Une partie de notre confiance ne se construit pas dans l’atelier, mais bien avant. Nos expériences passées peuvent nous aider… ou nous freiner. Par exemple, si plus jeune les adultes ne vous faisaient jamais confiance, il est possible que cela laisse des traces. Je ne me transformerai pas en thérapeute de comptoir aujourd’hui, mais disons simplement que notre histoire personnelle joue souvent un rôle dans notre rapport à la confiance. La séance « thérapie de comptoir » s’arrête là, promis, haha!
Ensuite, il y a une question de personnalité. Et ça, ça dépend de chaque personne.
Mais il y a aussi des facteurs qui peuvent se retrouver chez tout le monde. Par exemple, selon le niveau. De façon générale, les débutantes ont moins confiance en elles pour réussir à obtenir un résultat satisfaisant, mais, paradoxalement, ont souvent plus confiance dans le processus. En effet, elles savent qu’elles ne savent rien, et donc, un échec est normal et ne les découragera pas. Alors qu’une artiste plus avancée pourrait facilement se mettre plus de pression: « jai réussi avant, je dois réussir encore, et à chaque fois, et encore plus vite ». Erreur classique.
Enfin, lorsque l’on copie ou s’inspire fortement, il est plus facile d’avoir confiance car on n’a pas 15000 choix à faire: on suit les choix de l’image que l’on copie. Alors que lorsque l’on créé, c’est la toile blanche. Tout est possible, aussi bien les bons coups que les mauvais.
On croit souvent que les autres ont confiance
Les artistes montrent surtout leurs réussites, rarement leurs essais, leurs erreurs, leurs blocages et leurs toiles ratées. C’est normal, on veut parler du positif, pas du négatif.
Sauf qu’à force de voir seulement cette partie réussie du travail des autres, on finit par croire qu’elles ont plus de confiance que nous. Pourtant, elles aussi doutent, hésitent et traversent des périodes où rien ne semble fonctionner.
Mais dans mon cas, il y a aussi une autre raison. En effet, lorsque je peins, si ça ne me plaît pas, je continue jusqu’à ce que ça me plaise. Donc, les ratés existent bel et bien, mais ils restent rarement visibles longtemps puisque je repeins par-dessus!
J’appelle ça la phase Beurk.

Tiens d’ailleurs, voici un article (avec vidéo démo) qui en parle plus en détails : ICI.
Ma confiance n’est donc pas vraiment placée dans mes compétences ou mes connaissances. Je ne sais absolument pas d’avance si ça va marcher ou non. Par contre, j’ai confiance en ma persévérance. J’ai confiance que je vais continuer, même si c’est beurk.
Ce qui abîme notre confiance sans qu’on s’en rende compte
La culture du résultat
Dans nos sociétés rongées par la culture du profit, nous avons besoin de résultats. Les objectifs doivent être atteints, les attentes comblées, et idéalement, le plus vite possible. Pourtant, on dit souvent aux enfants que « l’important, c’est de participer ». Quelle hypocrisie de notre part! Ensuite, on évalue, on note, on classe, on met les gens en compétition.
Je ne dis pas que c’est toujours mauvais, mais cela façonne notre façon de voir le monde. On finit par croire que la valeur d’un effort dépend surtout du résultat obtenu.
Alors, quand on commence à peindre, on apporte souvent cette même logique avec nous dans l’atelier.
On veut réussir rapidement. Que ce soit beau. On veut que chaque toile soit meilleure que la précédente. Or, dans certains domaines, ce n’est ni nécessaire, ni souhaitable. En peinture, l’authenticité a souvent plus d’intérêt que la perfection. Mais notre cerveau est tellement habitué à cette culture du résultat qu’il a du mal à lâcher prise. Alors on se met de la pression, et comme on n’avance pas aussi vite ou aussi bien qu’espéré, on perd confiance.
À force de valoriser la réussite, notre créativité devient peureuse et notre confiance s’étiole.
Les réseaux sociaux et l’illusion du facile
Les réseaux sociaux amplifient encore plus ce problème. Les créatrices (artistes, artisanes) montrent leurs réussites, des processus rapides, des trucs magiques… et nous pensons que c’est facile. On essaie, et ça ne l’est pas! Cela mine notre confiance.
Pourtant, derrière un beau résultat, il y a souvent eu des tonnes d’échecs. Derrière un processus rapide, il y a généralement des années de pratique. Et les fameux trucs « magiques »? Ce sont souvent des compétences qui ont été développées pendant très longtemps avant de sembler naturelles.

Je me promène dans le bois, à la rencontre de moi-même – Acrylique sur toile -24x24pouces – vendue
Bref, les réseaux sociaux nous montrent surtout la finalité ou le processus maîtrisé. Et même lorsque la créatrice nous dit clairement que cela lui a pris du temps pour en arriver là, notre cerveau est déjà passé en mode comparaison.
On compare alors nos débuts, nos essais et nos hésitations avec le résultat final de quelqu’un d’autre. C’est une comparaison impossible à gagner.
À force de voir seulement des œuvres finies, des processus rapides et des résultats spectaculaires, on oublie que créer demande souvent beaucoup d’essais. Alors quand on rate, on perd confiance.
Les chemins possibles pour (re)construire la confiance en peinture
Certains apprentissages peuvent nous être transmis. D’autres doivent être vécus pour être réellement compris. Et puis, ça dépend aussi de chaque personne.
Heureusement, la confiance n’est pas figée. Elle peut se construire de plusieurs façons. Voici celles qui m’ont le plus marquée.
Ma façon préférée pour gagner en confiance en peinture
Observer et répéter. Comme les enfants le font. Ou les animaux. On apprend par l’exemple et l’imitation. Et on répète, jusqu’à ce qu’on y arrive.
Pour apprendre à faire mes lacets, j’ai essayé teeeeelllement de fois! Pour apprendre à marcher, un bébé tombe en moyenne 2000 fois! Et nous, adultes, on perd confiance au bout de 3 essais. Ou 3 minutes. Ou même 3 heures!
Mais ce n’est rien! Ce n’est pas essayer, ça, c’est juste effleurer, tester, goûter!
La clef (pour moi et pour pas mal de monde), c’est faire, refaire, rater, recommencer, jusqu’à ce que certains gestes deviennent plus familiers et que la confiance s’installe.
Et mon outil préféré pour ça, c’est mon carnet de peinture. J’y peins sans pression, sans peur de gâcher, sans besoin de faire un chef-d’œuvre.
La répétition construit la confiance. Alors je peins, page après page.
D’ailleurs, si les carnets de peinture vous intriguent, voici l’article complet qui en parle: CLIQUEZ ICI pour le lire (et voir la vidéo associée).

Les carnets de peinture sont devenus une partie essentielle de la pratique artistique de LiliFlore pour explorer, expérimenter et progresser plus librement.
Mais il y a d’autres avenues pour gagner en confiance.
La connaissance de l’histoire de l’art
Comprendre comment les œuvres se construisent, connaître les essais des artistes, leurs échecs, leurs recherches, leurs détours, peut nous aider à mieux juger notre propre cheminement.
L’histoire de l’art est remplie d’exemples qui nous rappellent que la valeur d’une œuvre n’est pas toujours reconnue immédiatement.
Savoir que les Impressionnistes ont été montrés du doigt, ridiculisés par leurs pairs avant de devenir parmi les artistes les plus admirés aujourd’hui…
Ça aide à relativiser.
Savoir que Léonard de Vinci était souvent sollicité pour ses compétences d’ingénieur, d’inventeur ou d’organisateur de spectacles, autant sinon plus que pour sa peinture…
Ça aide à relativiser.
Et puis, avoir des connaissances sur l’art qui permettent d’analyser ses propres toiles, ça peut aussi donner confiance.
Comment acquérir ces connaissances tout en ayant du plaisir? Les visites de musée, les biographies romancées ou les films sur la vie des artistes sont de belles façons de se plonger dans l’histoire de l’art sans avoir l’impression de retourner à l’école.
Le regard sur sa propre toile
Apprendre à observer, analyser, ajuster et comprendre ce qui fonctionne ou non, plutôt que simplement se dire « c’est réussi » ou « c’est raté ». Ça aide.
Véronique (une de mes abonnées à ma liste d’envoi) m’a écrit :
« Pour moi il s’agit plutôt de savoir si on peut (ou si on est) capable de juger notre travail. Je sais, ou crois savoir, quand j’ai réussi une toile ou au contraire quand je l’ai loupée. […] Étant diplômée en histoire de l’art, je me dis que des toiles j’en connais. […] Enfin voilà, je peins en confiance car je me dis que je vais être capable de juger de la qualité de mon travail, sans concession. »
C’est très intéressant de lire ce témoignage! Merci Véronique d’avoir accepté de le partager.
Véronique m’a également expliqué que depuis 6 mois qu’elle avait fait un virage dans l’abstrait, elle avait peint 210 tableaux!
Entre sa connaissance de l’art et sa pratique impressionnante, elle a construit des bases solides sur lesquelles sa confiance peut s’appuyer.
Mais comment apprendre à mieux juger de son propre travail si vous n’avez pas suffisamment de connaissances?
Personnellement, je pense que l’une des meilleures façons d’y arriver est de prendre des cours auprès d’un professeur dont vous aimez le travail. Elle ou il pourra vous aider à structurer votre pensée, comprendre pourquoi certaines compositions fonctionnent mieux que d’autres pour vous, ou encore affiner vos choix de couleurs.

Mes étudiantes avec leur création originales… et leur sourire!
Conclusion: si vous n’avez pas confiance, rien n’est perdu!
Pour construire votre confiance, il faut d’abord accepter qu’elle peut évoluer. En effet, lorsque je parle à quelqu’un qui me dit : « Ça ne sert à rien, je suis nulle », et que je lui réponds : « Mais tout se travaille », il arrive que la réponse soit : « Non, impossible. » Dans ce cas, je n’insiste pas. Si l’on est convaincue que rien ne peut changer, il devient très difficile d’avancer.
À l’inverse, si vous acceptez l’idée que la confiance peut se développer, même lentement, alors beaucoup de portes s’ouvrent. Devenez curieuse. Lisez sur la vie des artistes et leurs œuvres. Écoutez les conseils des autres, tout en gardant votre esprit critique. Apprenez, essayez, testez. Observez ce qui fonctionne pour vous.
Et surtout, répétez.
Parce qu’au fond, la confiance n’arrive pas toujours avant l’action. Bien souvent, elle apparaît après. Un peu comme un bébé qui apprend à marcher, ou comme l’artiste qui remplit carnet après carnet, toile après toile.
Vous allez vous planter. Moi aussi, je me plante encore. Et c’est normal.
Chaque essai n’augmente peut-être pas votre confiance de façon spectaculaire, mais il enrichit votre expérience. Et c’est souvent cette expérience accumulée qui finit par se transformer en confiance.
Alors la prochaine fois que votre petite voix intérieure vous dira : « Je ne suis pas capable », répondez-lui simplement : « Pas encore, mais ça va venir… » C’est déjà un très bon début.
Maintenant, allez peindre!
N’oubliez pas de mettre un petit coucou dans les commentaires! Ou posez-moi une question. Je vous lis toujours avec plaisir (le commentaire n’apparaît pas tout de suite, je dois l’approuver d’abord) et ça aide la visibilité de mon blog.
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Bonne peinture!

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Questions fréquentes sur la confiance en peinture
Pourquoi est-ce que je manque de confiance en peinture ?
Le manque de confiance en peinture peut avoir plusieurs causes. Certaines personnes doutent parce qu’elles débutent, d’autres parce qu’elles se comparent aux autres ou traversent un blocage. Dans son article Manque de confiance en peinture : le comprendre et le dépasser, LiliFlore explique que la confiance dépend aussi de notre personnalité, de notre expérience et du type de pratique artistique que nous développons.
Comment gagner confiance en peinture ?
Selon LiliFlore, la confiance se construit souvent par la répétition. Faire, refaire, expérimenter et observer permettent d’accumuler de l’expérience. Avec le temps, certains gestes deviennent plus familiers et la confiance s’installe progressivement.
Est-il normal de perdre confiance quand on progresse en peinture ?
Oui. LiliFlore observe souvent ce phénomène chez les artistes qui passent de la copie à la création personnelle. Même si leurs compétences techniques progressent, elles doivent apprendre à faire davantage de choix artistiques, ce qui peut temporairement fragiliser leur confiance.
Comment apprendre à mieux juger ses propres tableaux ?
Développer son regard demande du temps. L’histoire de l’art, les visites de musées, les cours de peinture et l’observation régulière des œuvres peuvent aider à mieux comprendre ce qui fonctionne dans une composition. Cette compréhension permet souvent de gagner en assurance lorsqu’on évalue son propre travail.





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