Le lâcher-prise en peinture semble simple en théorie. Mais dès qu’on prend le pinceau, tout se complique…
Pourquoi est-ce si difficile ?
Comment le pratiquer sans que nos toiles deviennent toutes beurk… ou toutes pareilles ?
Et d’ailleurs, c’est quoi exactement, le lâcher-prise ?
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Pourquoi le lâcher-prise est essentiel en peinture
Si vous saviez le nombre d’étudiantes qui me disent dans mes cours qu’elles se sont inscrites parce qu’elles veulent relaxer en peignant, s’éclater, lâcher prise et arrêter de se verrouiller, de se bloquer.
Vous pouvez lire l’article ci-dessous, ou l’écouter dans la vidéo suivante qui présente un bel exemple de création faite en grande partie grâce au lâcher-prise. Je sors parfois de cet état pour faire des choix, mais j’y reviens très rapidement ensuite. En réalité, j’ai commencé cette séance de peinture en me disant que j’allais juste barbouiller, et c’est ce que j’ai fait 80% du temps.
Voici l’article en vidéo (très bientôt).
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Retrouver le plaisir de peindre grâce au lâcher-prise
Dans un premier temps, ça va être très très important de peindre sans chercher à avoir un résultat.
Et pourquoi ? Tout simplement parce que ça va ouvrir un espace de jeu, un espace d’exploration et de liberté. Dans cet espace-là, tout est possible.
J’aime beaucoup la citation d’Albert Einstein qui dit:
« La logique nous permet d’aller du point A au point B, l’imagination nous permet d’aller partout! ».
On a donc besoin de ne pas se fixer de contraintes pour pouvoir laisser notre esprit vagabonder en toute liberté. Et ça, c’est le plus grand plaisir.
Cela nous permet également de nous reconnecter à notre enfant intérieur ou notre artiste intérieur. Pour moi, c’est un peu la même chose.
Cet enfant ou cet artiste intérieur sont souvent étouffés par la peur de mal faire. De faire quelque chose qui n’est pas beau.
Soit qui ne nous plaît pas à nous, soit qui ne plaît pas aux autres.
Et alors à ce moment-là, on se verrouille.
Sortir des cadres mentaux limitants grâce au lâcher-prise
Nos sociétés valorisent le contrôle, la performance, le beau. On voit d’ailleurs dans les réseaux sociaux toujours des belles choses. On aime ça, on met un petit cœur, on est content.
Mais ce n’est pas toujours ce qu’il faut avoir comme ligne directrice lorsque l’on peint. Parce que quand on fait ça, on se met dans notre cerveau performant et on empêche notre créativité, notre envie de jeu et d’exploration d’avoir de la place.

Le lâcher-prise, c’est désactiver ce besoin de performer. C’est arrêter de vouloir que tout soit réussi, joli, montrable et qu’on puisse l’exposer.
C’est enfin se reconnecter avec cet enfant et cet artiste intérieur qui n’a pas ces envies-là, qui n’a pas ce besoin-là de performer.
L’enfant veut juste dessiner, veut juste peindre. Il ne veut pas dessiner quelque chose de beau ou peindre quelque chose qui va plaire. C’est juste l’action qui l’intéresse.

Lâcher prise, ce n’est pas abandonner.
Le lâcher prise, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas du laisser aller, ce n’est pas rien faire.
Le lâcher-prise, c’est une action consciente.
Laisser aller, c’est passif. C’est ne pas agir, regarder, laisser faire les choses, laisser aller les choses comme elles doivent se faire sans que nous n’ayons aucune interaction avec elles.
Ce n’est pas ça, le lâcher prise.
Laisser aller, c’est quelque chose de passif, d’un petit peu trop facile, qui ne nous implique pas et ne nous met pas spécialement dans un état joyeux ou agréable, ou réceptif, ou créatif.
Le lâcher-prise, à l’inverse, est un acte volontaire, une action consciente. Peindre, agir, en étant pleinement présent. En se connectant à soi-même. Mais sans chercher à avoir un résultat. Sans vouloir performer.
Comme un enfant.
Suivez votre intuition, écoutez ce qui se passe à l’intérieur de vous. Quelles émotions cela fait ressortir, ce que vous êtes en train de faire.
Trouvez un équilibre subtil.
Alors, il s’agit de « faire ». Faire, sans attendre que ce soit parfait.
Peindre, sans chercher à ce que ce soit beau. Créer, sans vouloir que cela plaise.
C’est très difficile.
Parce qu’on est dans un monde où il faut du beau, il faut que ça plaise. Fais-le, mais fais-le bien. On a beaucoup entendu ça quand on était jeunes. Alors que le lâcher prise, c’est juste « fais-le ».

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Il y a une sorte de paradoxe à ça : être dans le geste, dans le moment, sans vouloir faire quelque chose de beau. Sans chercher à réussir.
C’est paradoxal car si on fait quelque chose, on ne le fait pas pour que ce soit laid. On ne le veut pas que les gens détournent le regard.
On a envie, on a BESOIN de cette reconnaissance, que ce soit de notre regard à nous ou de celui des autres.
Donc, c’est paradoxal: on veut faire de la peinture pour se faire du bien, mais en même temps, on ne doit pas chercher à faire quelque chose de beau.
C’est pour ça que c’est difficile.
Mais plus vous allez travailler ça, plus vous allez vous rendre compte qu’il est facile de faire du beau… justement quand on ne cherche pas à faire du beau.
Encore plus paradoxal, je sais.
Comment activer cet état de lâcher-prise ?
Parce que c’est bien beau de savoir pourquoi lâcher-prise et sa définition, mais maintenant, en pratique, qu’est-ce qu’on fait ?
Dans un premier temps, créer des conditions favorables au lâcher-prise
C’est important de se mettre dans une situation où on ne va pas chercher à performer. Dans un premier temps, moi j’aime bien, par exemple, mettre une musique inspirante. Personnellement, je préfère mettre une musique sans paroles.
Il y a des gens, au contraire, qui préfèrent avoir même un audio-book à côté qui tourne, un podcast, parce que comme ça, leur cerveau logique va être concentré sur les paroles et ne sera pas concentré sur la peinture.
Moi, c’est l’inverse. Si j’ai quelque chose qui parle, ça va activer mon cerveau logique et je vais avoir plus de difficultés à lâcher-prise. On est toutes différentes.
Essayez ce qui fonctionne le mieux pour vous.

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Ce qui est très important, par contre, et ça c’est relativement universel, c’est de choisir un support « qui ne compte pas ».
Par exemple, un carnet de peinture. Un cahier de papier technique mixte.
Parce que dès qu’on peint sur une toile, on a tendance à se mettre de la pression. On se dit, je fais une toile, je veux que ce soit beau. Toutes mes étudiantes qui ont commencé à travailler sur le cahier me disent que ça leur permet, justement, d’apprendre à lâcher prise régulièrement.
Travailler avec des outils ou des contraintes inhabituelles
… peut également aider à sortir du mental.
- Choisissez des pinceaux ou des spatules assez grosses alors que vous travaillez, par exemple, sur un petit format. Ou l’inverse.
- Jouez avec vos doigts.
- Prenez votre main gauche.
- Faites un sujet ou une palette de couleurs différents de d’habitude.
Bref, sortez de votre zone de confort.
Acceptez de passer par le chaos.
Le lâcher prise peut donner des résultats brouillons au début.
Je dis « peut », mais en fait, ça VA donner des résultats brouillons au début.
Moi, je fais beaucoup de barbouillage. De bouette, comme on dit au Québec. Des choses qui ne ressemblent à rien. C’est comme de la boue avec des traces dedans. Et en général, quand je commence une séance de lâcher prise, c’est ce que ça donne au début.
Mais ce n’est pas grave. Surtout si on est avec de l’acrylique. On attend que ça sèche et on peut continuer.
C’est donc normal de passer par ces phases-là de brouillon. On est dans notre intuition et on est comme un enfant (lire ou relire l’article « Retrouver sa créativité en peinture : et si on redevenait enfant ? » en cliquant ICI). Et un enfant, si on lui met toutes les couleurs en peinture, ça va finir par un truc tout brun ou tout gris.
Il ne faut pas juger le processus. Ni comparer ce qu’on fait à une oeuvre belle et finie.
Le but, ici, c’est de travailler son lâcher prise. Ce n’est pas de faire quelque chose de beau. Donc finalement, si vous faites cet exercice et que vous arrivez avec quelque chose de beau à la fin, ça veut peut-être dire que vous n’avez pas assez lâché prise.
Conclusion : comment utiliser le lâcher-prise pour faire quelque chose de beau quand même?
Dans la vidéo que je vous propose dans cet article, vous voyez qu’à la fin, je finis avec quelque chose de beau. Mais je n’étais pas tout le temps dans le lâcher prise. Le lâcher prise a pris 80-90% de mon temps, mais régulièrement, je suis passée en mode mental, réflexion. Je prenais des décisions en fonction de ce que je voyais. Puis je repassais en mode « lâcher-prise ».
Donc le lâcher prise peut vous aider à faire une belle œuvre, oui, en s’intégrant dans votre pratique pour créer une base propice pour la suite, qui elle, deviendra belle.
Sauf qu’il faut d’abord apprendre à pratiquer régulièrement ce lâcher-prise, sans faire de belles œuvres, pour ensuite l’intégrer dans votre pratique et qu’il vous permette de faire une belle œuvre. Car alterner le mode « lâcher-prise » et le mode « réflexion » dans la même séance de peinture n’est pas toujours évident.
Donnez-moi votre votre avis là-dessus dans la zone des commentaires ci-dessous, j’aime échanger avec vous et ça aide mon blog à être bien vu de Google, hihi. Le commentaire n’apparaît pas tout de suite, car je dois l’approuver d’abord.
À plus!

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4 Comments
Bonjour Lili, il yva 1 truc qui ne doit pas fonctionner car j’ai pratiqué ainsi, en barbouille, sans vraiment chercher quelque chose de précis, juste pour faire et ça a toujours fini en un machin immonde, même pas 1 petite éclaircie, 1 petit moment de grâce, à chaque fois terminus poubelle. Et du coup, ben, j’ai arrêté, trop découragée. Et ce n’était pas juste 1 petit essai, j’ai vraiment persisté! Et maintenant blocage total, appréhension d’aborder palette, couleurs, pinceaux et…cahier. Ce n’est peut-être pas une méthode pour moi. 🤔. En tout cas 1eres neiges est superbe, ah je t’envie 😄.
Ah mais Laurence, comme je le dis, le lâcher-prise est une base! Qui nous fera faire des trucs beurk! Et ensuite, il faut apprendre à se poser des questions et être dans la réflexion pour le rendre beau. Qu’est-ce que tu souhaites exprimer? Puis ensuite, quelles couleurs, gestes, formes utiliser pour l’exprimer? Pour que le lâcher-prise seul face quelque chose de beau, il faut des années d’expérience! Moi-même, dans cet exemple, je ne suis pas à 100% dans le lâcher-prise. Seulement à 80%! Et l’année passée, c’était 50%, et l’année d’avant, 30%… bref, cela prend d’apprendre à naviguer entre le lâcher-prise et la réflexion pour faire du beau. Mon point ici était d’expliquer comment travailler le lâcher-prise. Mais pour faire du beau avec seulement du lâcher-prise… ouch, ça prend du temps! C’est une bonne question, je vais tenter de structurer une vidéo et/ou un article sur le sujet.
Est-ce que ça éclaire ta lanterne?
Bravo pour ta persévérance 🙂
Lili
Bonjour Lili
Oui, parfaitement, ma lanterne est aveuglante 😄. En fait je suis peut-être persévérante, limite têtue, mais pas patiente du tout. Je vais laisser la bouillasse retomber dans le fond et reprendre les essais. Tu as raison dans le fait que ça prend des années, c’est le principe de la peinture chinoise (et japonaise) à l’encre. Ça l’air tt simple, tt frais mais derrière il y a beaucoup de non boulot😉 bonne journée créative et merci pour la lumière !!!!!
Vraiment intéressant de te voir aller! Tellement différent de ma définition de peindre! Juste de comprendre ça m’ouvre une multitude de possibilités. Merci de partager