Le lâcher-prise est souvent présenté comme la clé en peinture. Moi-même, je l’utilise constamment et j’en parle beaucoup : peindre librement, écouter notre intuition, jouer spontanément.
Et c’est vrai que cela donne souvent de très beaux fonds, très vivants, très spontanés.
Mais ensuite ?
Soit on se retrouve avec une sorte de barbouillage sympathique mais qui ne mène nulle part, soit on refait toujours la même chose, encore et encore, sans vraiment réussir à aller plus loin.
Alors une question se pose naturellement : comment utiliser le lâcher-prise sans rester bloquée à l’étape du fond… et réussir à construire une toile qui ressemble vraiment à quelque chose ? Et hop, je vous donne ma réponse dans cet article, illustré par une vidéo courte.
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Vous pouvez commencer par cette courte vidéo qui résume l’essentiel de l’article écrit (plus complet ci-dessous).
Et si elle vous parle, n’oubliez pas de laisser un petit commentaire tout en bas de l’article, sur ce blog, après votre lecture ou visionnement, je vous lis toujours avec beaucoup d’attention.
Regardez la vidéo
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Le lâcher-prise, une porte d’entrée indispensable en création
Lâcher-prise pour créer sans pression en peinture
Quand on veut créer, et donc pas simplement reproduire ou copier une image, je pense qu’il est vraiment nécessaire d’apprendre à lâcher-prise.
Ça veut dire quoi ? Lâcher-prise en peinture, c’est ne pas chercher un résultat défini, mais plutôt rechercher le plaisir, l’exploration, le jeu. Sortir du mental critique, logique, réflexif. Dans le fond, on veut que notre créativité explose. Et pour ça, la créativité a besoin d’espace. Et la meilleure façon de lui donner cet espace, c’est par le jeu. S’il y a de la performance, s’il y a de la logique, s’il y a la peur de gâcher, on n’arrive pas à créer. Donc le lâcher-prise, ça va être super important pour être dans la création.
Lâcher-prise, ou écouter son intuition pour créer.
Mais le lâcher-prise seul ne garantit pas une œuvre aboutie. En effet, travailler avec l’intuition va souvent nous mener à une espèce de barbouillage sympathique et spontané. Mais en peinture acrylique, si on veut aller plus loin (autrement dit, si on veut que ça ressemble à quelque chose à un moment donné) ça ne suffira pas. Attention, si vous ne cherchez qu’à explorer, à vous amuser, c’est parfait, le lâcher-prise suffit. Mais si après vous vous dites : « J’aimerais que ça ressemble à quelque chose », la plupart du temps, le lâcher-prise seul ne suffit pas.

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Les connaissances techniques, un socle essentiel en peinture
Les bases en peinture: composition, couleurs, lumière, matière… des outils indispensables!
Alors, que faut-il faire pour compléter ce lâcher-prise ? Les connaissances techniques, ce socle invisible, sont très importantes. Elles vont permettre de structurer l’image, qu’on soit dans l’abstrait pur, le semi-abstrait ou le réalisme. Ce qu’on appelle « les bases en peinture » permettent de guider le regard de l’observateur. Elles permettent aussi de raconter une histoire, de célébrer quelque chose, d’apporter une notion, de critiquer, de dénoncer. Bref, l’intention va se déposer sur la toile grâce à toutes ces notions techniques et la façon dont l’artiste va les utiliser. Elles évitent finalement que la toile devienne confuse, ou reste à l’état de « joli fond ».
Ce qui est réfléchi aujourd’hui (techniques) deviendra intuitif demain
Les techniques employées à répétition deviennent ensuite des automatismes. Ça, c’est une notion super importante. Au début, on réfléchit à la composition, on réfléchit aux couleurs. Ce n’est pas forcément naturel. Mais avec le temps, avec la pratique et la répétition, ces connaissances deviennent naturelles. Un peu comme quand on apprend à faire ses lacets. Au début, on est obligé de réfléchir beaucoup pour réussir à les faire. Ensuite, ça devient un automatisme.

L’intuition, finalement, c’est souvent quelque chose qu’on a appris il y a longtemps, qu’on a pratiqué pour que ça devienne un réflexe spontané, que ça fasse partie de nous. Par exemple, si vous êtes quelqu’un qui adore observer les couleurs: jouer avec différents vêtements, faire des bouquets créatifs, ou même si vous jouiez avec des Lego remplis de couleurs quand vous étiez plus jeune, peut-être que vous aurez plus de facilité à composer des palettes de couleurs.
L’aller-retour entre intuition et réflexion en peinture
Passer d’un cerveau à l’autre
Qu’est-ce que je veux dire par là ? On parle souvent du cerveau droit plus créatif et du cerveau gauche plus logique. Finalement, ce que je vous propose, c’est de jouer, d’être dans l’intuition, dans votre élan libre, pour stimuler votre créativité, explorer, sortir des sentiers battus. Mais aussi de prendre des moments d’analyse et d’ajustement, d’aller puiser dans vos connaissances techniques.
Il y a donc un va-et-vient constant. Dans une même séance de peinture, on peut permettre à ces deux modes de fonctionner et de collaborer ensemble. Ce n’est pas toujours évident. Souvent, au début, il y a une lutte. Le cerveau logique veut prendre toute la place, parce que dans notre monde d’adultes et dans nos sociétés occidentales, c’est lui qui est valorisé. Alors lâcher-prise devient difficile.
Pourquoi certains artistes semblent ne jamais réfléchir
Pourquoi certains artistes semblent juste lâcher-prise et que ça donne du beau ? Tout simplement parce que ce sont des personnes qui ont pratiqué les bases pendant des années. Peut-être pas de façon académique, mais leur œil est formé. Un designer, par exemple, a souvent énormément travaillé la composition et les palettes de couleurs. Donc le jour où cette personne se met à peindre, ces notions sont déjà intégrées, déjà réflexes. Elle lâche-prise, oui, mais son intuition est nourrie par toutes ces connaissances accumulées auparavant. Leur intuition est soutenue par la technique qu’ils ont intégrée depuis longtemps.

Toile diptyque « L’Odyssée » avec Mimi devant.
Comment apprendre à notre intuition et notre réflexion à collaborer en peinture?
L’analogie parfaite
J’aime beaucoup parler d’une personne qui fait de l’aviron. Cette personne doit non seulement muscler ses deux bras, mais apprendre à les utiliser en même temps, et de façon synchrone! Si un bras est plus muscler, elle va tourner en rond. Si les bras ne sont pas synchrones, elle avancera au moins, mais en zigzag. Ce que les rameurs recherchent, c’est d’avancer tout droit, et efficacement, sans se promener à droite et à gauche.
Et bien en peinture, c’est pareil!
L’idéal est de peindre notre toile sans prendre (trop) de détours, et d’avancer sans lutter. Il faut donc muscler notre cerveau droit (créatif) et notre cerveau gauche (technique). Puis d’apprendre à les utiliser lors d’une même séance de peinture.
Ce que je vous conseille dans un premier temps? Faites des séances plus techniques, et alterner avec des séances plus créatives. Autrement dit, musclez vos deux cerveaux dans des séances séparées. Puis, lorsque vous sentez que ces deux parties de vous sont également musclées, et que vous avez plusieurs projets en parallèle (certains plus techniques, d’autres plus créatifs), on passe à la vitesse suivante.
L’étape primordiale pour coupler techniques et lâcher-prise efficacement
Pour cette étape, vous devez avoir plusieurs projets en cours. Certains bien avancés, d’autres en mode « toile blanche », certains plus techniques, d’autre plus créatifs. Vous allez voir pourquoi.
Lorsque vous entrez dans l’atelier de peinture (ou bien dans votre cuisine transformée en atelier pour quelques heures), écoutez ce qu’il se passe à l’intérieur de vous. Essayez de définir si vous avez envie de commencer par quelque chose de spontané: du jeu, de l’exploration, de l’intuitif. Ou si, au contraire, vous vous sentez l’âme d’une technicienne: détails, découverte ou approfondissement d’une nouvelle notion. Et choisissez le projet qui correspond à cet état d’âme. Pas le projet que votre cerveau a décidé, pas le projet que vous vous dites « Je dois le finir », mais bien le projet qui s’accorde avec votre énergie du moment.
Commencez votre séance de peinture. Et dès que vous sentez la moindre frustration, découragement, obsession, ennui (que ce soit au bout d’une minute ou de trois heures)… arrêtez vous… pour écouter à nouveau ce qu’il se passe à l’intérieur de vous. Suivant la réponse, prenez alors un autre projet. Un projet qui correspond cette fois au nouvel état émotif dans lequel vous vous trouvez. Laissez le premier projet en plan. Et à nouveau, à la moindre résistance, changez de projet.
Cette alternance va vous apprendre à jongler entre vos deux cerveaux durant une même séance de peinture. Le but ultime? Arrivez à le faire sur demande et sur le même projet. Comme je le faisais sur ma petite création « Palmier blanc » dans la vidéo ci-dessus. Ou avec cette petite œuvre ci-dessous.

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Conclusion: Lâcher-prise et technique: la combinaison gagnante!
Au fond, le lâcher-prise n’est ni l’opposé de la technique, ni une solution magique. C’est un des piliers de la peinture, mais pas le seul. C’est un espace de liberté qui permet à la créativité de respirer, d’explorer, de se déposer sur la toile… sans pression.
Mais pour que l’ensemble tienne, ça prend le pilier « techniques ». Et ce pilier, à force de la bâtir et de le consolider, devient lui-même intuitif. Plus fluide. Et demande moins d’effort. On peut alors commencer à construire un autre pilier de techniques supplémentaires.
Et voilà comment l’on progresse en peinture: en alternant intuition (lâcher-prise) et techniques (connaissances). Quand l’intuition et la technique cessent de s’opposer et commencent à collaborer, la magie opère!
C’est justement pour accompagner ce chemin, entre intuition, techniques et plaisir de peindre, que je partage régulièrement des vidéos, des articles et des réflexions autour du processus créatif. Vous pouvez vous inscrire à ma liste d’envoi pour les recevoir directement dans votre boîte mail, et continuer à nourrir votre pratique, à votre rythme.
Et bien sûr, je serais très curieuse de vous lire : êtes-vous plutôt lâcher-prise, technique… ou un mélange des deux dans votre peinture ? N’hésitez pas à répondre (ou simplement faire un coucou) dans les commentaires ci-dessous. Ou à me poser une question. Je vous lis toujours avec plaisir (le commentaire n’apparaît pas tout de suite, je dois l’approuver d’abord).
À plus!

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2 Comments
Longtemps je n’ai recherché que la technique car je croyais que c’était la voie unique. Puis j’ai compris qu’il fallait que j’apprenne à lacher-prise pour m’exprimer. Alors j’ai fais un peu n’importe quoi pas du tout satisfaisant. Depuis 2 ans avec ton regard et ton approche, j’ai bien compris que les deux sont liés.
Merci Lili pour ton article et tous tes conseils 👍🤗
Oh, je ne me souvenais pas de ton parcours! Ton témoignage montre à quel point ce travail d’équipe entre intuition et technique est important. Merci d’avoir partagé 🙂
Et merci pour tes bons mots, ça me va droit au cœur..
Lili